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12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 20:57
Stefen Wey dans « L'Intrépide soldat de plomb », d'après le conte d'Andersen./Photo Roseline Giusti.
Stefen Wey dans « L'Intrépide soldat de plomb », d'après le conte d'Andersen./Photo Roseline Giusti.

La Dépêche du Midi

Publié le 12/04/2016 à 03:50

Ceux qui se sont glissés sous le parachute de la Compagnie Stefen Wey, samedi 3 avril, à la Halle aux grains, ont vécu des moments bien magiques. Rarement, un spectacle atteint, à ce point, la perfection d'un bout à l'autre de son déroulement. Et avec quelle finesse, quelle poésie et quel humour ! Un immense «océan blanc» enserre dans ses remous un homme fragile et las (Andersen). La vague-voile se gonfle bientôt pour former un habitacle semi-sphérique, à l'intérieur duquel les spectateurs sont invités à entrer. Au centre, une stèle avec un plateau circulaire pivotant. Et voici le parachute transformé en théâtre d'ombres, à 180°. Sur ce plateau est posé un grand livre dont chaque page, en s'ouvrant, campe un décor féerique pour mettre en scène les péripéties d'un soldat de plomb, unijambiste. C'est que le plomb a manqué pour le façonner jusqu'au bout. Mais quelle vaillance ! Sous l'effet des faisceaux lumineux, une ribambelle de vingt-quatre soldats de papier devient toute une armée en marche, une gracile figurine de danseuse s'anime et virevolte au grand bonheur du petit soldat. Une découpe crénelée (Andersen excellait dans l'art des papiers découpés) campe tout un château. Le feu prend et nous voici saisis par les flammes. Le petit soldat de plomb, en perdition sur son frêle bateau de papier, est avalé par un poisson. Et il nous semble, alors, être aussi dans le ventre de l'animal. La «lanterne magique» circulaire, géante, induit des expériences spatiales fortes dont les enfants se souviendront longtemps. Ritournelle s'échappant d'une boîte à musique ou brèves mesures du répertoire classique culte, la musique vient en complément pour enchanter le tout. Sans oublier la voix envoûtante de Stefen Wey, passant de l'allemand au français, nous faisant goûter la saveur sensible de chacune des langues.

Roseline Giusti

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