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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 16:06

Bagnères-de-Bigorre. Quand la culture croise le politique

La dépêche du midi Publié le 05/11/2013 à 03:47, Mis à jour le 05/11/2013 à 09:03

biodiversité

Une partie du groupe au départ de la traversée du paysage./Photo R.G.

Le terroir pyrénéen bénéficie d’une diversité écologique et culturelle que bien d’autres régions lui envient. Comment gérer cette richesse ? Conscient de l’urgence du problème, face à l’évolution de l’écosystème due aux changements climatiques et aux maux de l’industrialisation, la Dreal (1), en lien avec l’association Coal et le laboratoire SPEAP (2) vient de convier plusieurs acteurs à réfléchir ensemble.

«Le choix de Bagnères pour abriter ces journées est délibéré», affirmait Patrick Degeorges, représentant le ministère de l’Écologie. Outre les attraits naturels de son site, la ville possède des équipements culturels appropriés : Conservatoire botanique, musée Salies… et des associations actives autour de la biodiversité. Ceci devrait conforter Bagnères dans le rôle qu’elle pourrait tenir pour ce type de rencontres.

Une promenade «critique» du paysage alentour ouvrait la manifestation. La zone périurbaine choisie, un parfait contre-exemple de biodiversité, comme le soulignait l’ethnologue Bernadette Lizet, était propice à alimenter la discussion. Un an d’enquête menée par deux étudiants de sciences po (2) auprès d’acteurs en prise sur le territoire sous-tendait ce moment. Les interventions et ateliers du lendemain ont esquissé des éclairages et des pistes concrètes. Ainsi, l’œuvre du plasticien Argentin Tomàs Saraceno rendait intelligible l’instabilité de notre monde actuel. Monde dont la complexité a été si brillamment dépeinte par Bruno Latour (3) en introduction. Le superbe projet de l’architecte espagnole Susana Velasco, ressuscitant l’esprit d’un habitat andalou ancien, fait de bergeries, d’étables et de porcheries, pourrait faire exemple pour nos courtaous.

Préserver la biodiversité, mais aussi la valoriser. Des outils plus réticulaires, tirant de divers avis des arrangements possibles, seraient bienvenus. De petits parlements locaux, composés de citoyens éclairés, en cheville avec des experts, pourraient avoir un statut de donneur d’alerte, suggérait Jean-Marc Luce (4).

Ce projet ambitieux n’est qu’à son début. D’autres rencontres de ce type sont souhaitables dans la mesure où plus d’acteurs concernés soient conviés à participer.

Roseline Giusti

(1) Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement, représentée par Julien Barbezieux.

(2) COAL : Coalition pour l’art et le développement durable créée en France en 2008 rassemble des professionnels de l’art contemporain, du développement durable et de la recherche.

SPEAP : au sein de Sciences-Po, Paris, laboratoire d’expérimentation scientifique, artistique et pédagogique au croisement de diverses cultures pour tenter de créer un espace public partageable. Ralph Mahfoud et Thierry Boutonnier restituaient les résultats de leur enquête dans les Pyrénées.

(3) Anthropologue et philosophe des sciences qui apporte, entre autres, sa contribution au concept d’anthropocène. Sa méthode de cartographie des controverses est largement utilisée.

(4) J.-M. Luce formule aussi la proposition séduisante d’un musée ethnographique pyrénéen venant drainer le flot des quelque 800.000 visiteurs annuels visitant Gavarnie.

 

 

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