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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 12:50

Chantal Detcherry,  En ce jardin où je m’avance, n&b et Pleine Page éd., 2006 (Prix Olympique de poésie, 2006).

 

Délivrée de la tombe, une fille est rendue à ses père et mère défunts .La rencontre se fait au jardin aimé du blayais, (près de l’estuaire de la Gironde), qui fût celui des disparus. Les ombres mangent les visages, mais les actions sont précises. Mains rugueuses du père qui s’activent dans quelque tâche nourricière, gestes d’offrande de la mère par qui le printemps s’accomplit. Plus qu’un chant de deuil, le texte s’offre comme un rituel de réconciliation. La nature exulte et l’allégresse est celle du « Cantique du printemps » de O.V. de L. Milosz. Chaque instant est restitué dans sa sensorialité : froissement des chélidoines, éclat des nigelles, odeur amère du jasmin, saveur sucrée des grenades…En écho aux « Riches heures »,(cf Le Festin n°54), ouvrage primé par l’association des Savoir-faire d’Aquitaine, le récit s’égrène en cascade, poussé d’une page sur l’autre par la force des mots. On pense à la fontaine de Pol Bury à la Fondation Maeght. La justesse et la vitalité des vocables que C. Detcherry pose comme des pigments ivres de couleurs, de parfums et de bruissements, font de ce recueil une élégie affectueuse qui apaise cœurs et mémoires.

R.Giusti W.

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