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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 13:03

Bagnères-de-Bigorre et sa région 

Publié le 14/08/2012 09:25

Bagnères-de-Bigorre. Cultures mêlées et styles brassés

8e édition d'a voix haute

Bibi Tanga et les Sélénites, lors de la causerie avec Patrick Labesse ( à droite)./Photo R.G. - Tous droits réservés. Copie interdite.
Bibi Tanga et les Sélénites, lors de la causerie avec Patrick Labesse ( à droite)./Photo R.G. ()

Bibi Tanga et les Sélénites, lors de la causerie avec Patrick Labesse ( à droite)./Photo R.G.

Le festival A Voix haute s'est terminé dimanche soir. On a chanté, toutes cultures mêlées, tous styles brassés, a cappella ou accompagné d'instruments, depuis les simples tambourins jusqu'aux sonos puissantes. L'intérêt d'A Voix haute, c'est sa diversité. Et l'on se dit que la voix a bien de la force pour être aussi variée et nous surprendre encore à chaque festival. Dans ce large répertoire, chacun a trouvé son compte. On a pu goûter au patrimoine traditionnel basque (Otxote Lurra), corse (Barbara Furtuna), restitué à la perfection ou revisité avec verve, invention et humour (Lo Cor de La Plana).

On s'est engouffré à la prestation explosive de Bibi Tanga et des Sélénites qui sans cesse vous chaloupe d'un côté à l'autre de l'Atlantique, puisant aux sources multiples des musiques urbaines et autres pour livrer, au final, un mix original.

Il y a eu les chants à textes, messages de bonheurs simples ou commémorations d'événements politiques, basques (Otxote) et occitans (Cor de la Plana). Et aussi des expériences sonores inhabituelles, frottages, raclages…, dans la belle lignée d'un John Cage (Ensemble Troie avec Chiesa, Pontevia). On a particulièrement apprécié la performance dadaïste Karawane, donnée par Frédéric Jouanlong, tout en sifflements, cris, susurrements et onomatopées crachées et gueulées, variant d'intensité et jouant d'une mise en boucle grâce à un looper. Le chanteur, qui avoue avoir ces sonorités vissées au corps depuis l'âge de la maternelle, donne de ce poème écrit par Hugo Ball en 1917, une version époustouflante. Car, à ce point expressive, la voix peut fort bien se passer de mots pour dire son message. Benat Achiary et Phil Minton (que Jouanlong revendique) nous l'ont précédemment confirmé.

Il y a eu aussi, menées par Patrick Labesse, les savoureuses causeries de l'après-midi permettant la rencontre, au jour le jour, avec les chanteurs et l'initiation à des patrimoines vocaux insoupçonnés. Sans oublier la longue nuit atypique menée par le KKC Orchestra et le bal «occitan» jusqu'à épuisement des chanteurs du Cor des La Plana aux voix endiablées. Quelle performance, Manu Théron !

À Voix haute, c'est une série de petits bonheurs successifs. Il faut une sacrée audace pour rassembler sur quelques jours tant de talents aussi divers. Des prises de risque aussi. Voilà huit ans que Yann Beigbeder et son associée Anne Sorlin, en dépit de budgets de plus en plus serrés, mènent l'aventure. C'est leur création à eux, réussie. Bravo Yann, bravo Anne.

Se rend-t-on assez compte combien c'est exceptionnel d'avoir ce type de manifestation à Bagnères ? Sait-on assez que l'organisation de cet événement repose sur le concours de nombreux bénévoles qu'il faut remercier grandement.

Roseline Giusti

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