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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 12:53

Louise GABRIEL, LE SOMMEIL D’ANNA, Ed. Elytis, Cestas, 2005.

 

Trois femmes. La mère : un corps boursouflé que l’âge délite ; une mécanique de gestes mortifères, des paroles et des regards qui pétrifient .En contre-point, Charlotte, à la féminité naissante. Et puis, Anna, confrontée au temps qui la taraude. Vacillement d’Anna devant la tombe du père, mort il y a dix ans ; vacillement que les visites répétées au cimetière ne font qu’accentuer. Trouble d’Anna devant les nus peints par Julien, toiles-miroir qui plongent Anna dans ses souvenirs et ses fantasmes de jouissance. Béance d’Anna qu’aucune immensité ne pourra désormais combler. A travers la magnificence ou le délabrement des chairs l’auteur questionne âprement les rapports mère/fille, le vieillissement et l’érosion du plaisir, inéluctables.

Au-delà de l’érotisme et de la crudité des mots, le roman, servi par un style alerte et une écriture acérée, est une formidable ode au vivant.

Professeur de lettres dans la région, l’auteur s’est aussi appropriée « les terres mouvantes et marécageuses, faites de ciel et d’eau », entre Bassin d’Arcachon et océan.

Le Sommeil d’Anna est son premier roman.

 Roseline Giusti-Wiedemann

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