Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 00:31

CAMINITI

Fà un giro ?

Si d'aucuns travaillent à la marge, Caminiti, lui, est au centre. La roue qui entraîne, le cercle qui circonscrit. Un territoire, un vide, un mouvement intercepté, un parcours suspendu, puis… l'envol.     Unité (symbolisée par la roue) et escapade solitaire.

     

Une statique personnelle lui fait unir dans une sorte de mariage contre nature des pièces empruntées aux domaines du vélo et de la pêche.

Là une roue, un guidon, une jante, ailleurs des rayons ou des freins…puis des fils de pêche tendus. Les assemblages sont nets, précis, hautement techniques. Certaines oeuvres ont la vitalité des grandes courses cyclistes, d'autres évoquent les contorsions de gymnastes chinois, d'autres encore s'apparentent à de grands insectes, aux élytres majestueux et inquiétants. Des grotesques, ailleurs, grimacent.

Immobiles ou plaquées au sol, ces machines ne fonctionnent pas. Elles forment un concentré de motricité. Car, curieusement, les pédaliers en sont absents.  Toute image de la machine au travail est évacuée. Nul effort.

 

Les tiges flexibles servent de poignées –appel à domestication- ou épanouissent leurs courbes dans l'espace, à l'assaut de quelque col escarpé.

On songe parfois à Cy Twombly ou plutôt à Richard Tuttle avec ses reliefs de fil de fer et d'ombre portée redessinée au crayon.

Si le cercle s'agite, c'est en circuit fermé, comme dans "la Grue" (une danseuse de Degas qui aurait endossé le tutu de plâtre de Louis Cane), ou "l'heureux tour" (clin d'œil à l'ancêtre du cinéma , le phénakistiscope de 1842).      Supplice de la révolution éternelle.

Ayant mis à ses roues des ailes, Caminiti tente une échappée.

 

Roseline Giusti-Wiedemann

Professeur associé, Université de Bordeaux 3.

 

 

Partager cet article

Repost 0
Le blog de Roseline Giusti - dans Articles artistes
commenter cet article

commentaires