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7 juillet 2010 3 07 /07 /juillet /2010 12:28

Roseline Giusti. Publié le 22/07/2010 12:00 | LaDepeche.fr


Piano Pic, c'est un festival de quinze jours durant lesquels des artistes internationaux se produisent dans des lieux uniques, souvent chargés d'histoire, des creusets propices à l'expression des talents.

Ce qui fait, entre autres, le charme du festival Piano Pic, c'est la variété des emplacements choisis pour les concerts. Voilà pour le public l'occasion d'aller là où il n'irait pas forcément, de découvrir ou d'apprécier à nouveau des espaces spécifiques ou des architectures d'exception. Nomade, ce festival a le chic d'offrir, pendant quinze jours, onze moments uniques qui, de la Halle aux grains aux églises de villages et à l'abbaye de l'Escaladieu, des thermes bagnérais au sommet du pic du Midi, vous entraînent dans un délicieux « voyage en patrimoine ». N'a-t-on jamais aussi bien exploité les ressources d'un territoire ? On ne peut qu'apprécier les efforts conjugués de l'association Piano Pic, des quatre communes de Bagnères, Beaudéan, Campan et Gerde qui, dans un élan commun, avec l'observatoire du pic du Midi et avec l'aide des conseils général et régional, sont les maîtres d'ouvrage d'un si bel événement.

C'est au palmarium de l'établissement thermal de Bagnères qu'a eu lieu le concert d'inauguration du festival. Détourné de ses fonctions habituelles, ce bâtiment tout en vitre accueillait, pour l'heure, la concertiste de renommée internationale Hortense Cartier-Bresson. Au programme : F. Chopin et R. Schumann. Ces deux grands romantiques ne pouvaient-ils trouver mieux leurs aises que face aux cimes pyrénéennes et aux allées Dramatiques proches, tant célébrées au XIXe siècle ? Précise et subtile, Hortense Cartier-Bresson a su restituer l'aspect sensible et fougueux de leurs brillantes écritures musicales, plus déliées chez l'un, plus percussives chez l'autre. On a eu donc du plaisir à écouter cinq des œuvres majeures de Chopin et à retrouver l'atmosphère contrastée et conflictuelle des « Kreisslerianna » de Schumann, période où le compositeur était tourmenté par le refus qu'on lui opposait alors de s'unir à Clara, sa future épouse.

En l'abbaye de l'Escaladieu, Kun Woo Paik a subjugué d'emblée le public par son interprétation de Brahms («Variations et fugue», opus 24). Le jeu pianistique du Coréen, doublé de l'acoustique propice du lieu, a donné à l'œuvre toute son ampleur. En 2e partie, avec Ravel et Chopin, le pianiste a prouvé sa haute maîtrise technique.

Roseline Giusti.

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roselinegiusti.over-blog.com - dans Articles presse (Quotidiens)
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