Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 septembre 2010 5 03 /09 /septembre /2010 15:51

 

Publié le 25/07/2010 03:50 | Roseline Giusti.

Bagnères de Bigorre. Un concert épistolaire

festival piano pic

À gauche, François-René Duchâble ; à droite, Alain Carré./Photo R. Giusti..
À gauche, François-René Duchâble ; à droite, Alain Carré./Photo R. Giusti..
À gauche, François-René Duchâble ; à droite, Alain Carré./Photo R. Giusti..

Quand la lettre est illustrée par la note… C'est ce qu'ont réalisé le pianiste François-René Duchâble et le récitant Alain Carré dans une harmonie parfaite, dans le cadre du festival Piano Pic.

Mercredi dernier, à la Halle aux grains, a eu lieu une soirée exceptionnelle autour des « Correspondances » de F. Chopin. Le public, subjugué, a ovationné François-René Duchâble et Alain Carré, sublimes.

« Elles me répètent inlassablement 'votre musique coule comme de l'eau'», disait Frédéric Chopin en parlant des ladies britanniques qu'il côtoyait alors. Peut-on retourner le compliment à François-René Duchâble sans qu'il s'en offusque à son tour ? Ayant depuis longtemps dépassé la technique, les sons qu'il délivre sont si purs et son jeu si fluide qu'en effet, tout coule et glisse avec grâce et naturel. Les artistes avaient choisi de nous faire entendre des extraits de la correspondance écrite par F. Chopin à divers moments de sa vie. Lue par Alain Carré, chaque lettre était illustrée au piano par une œuvre musicale du compositeur polonais. Un va-et-vient parfaitement réglé et émouvant.

Dialogue entre l'homme et l'œuvre

La voix chaude et grave du récitant évoquait avec justesse F. Chopin dans son intimité. Ainsi, au fil des lettres, surgissait l'homme avec ses désirs, ses souffrances, ses voyages à Paris, à Londres, à Palma, ses observations et anecdotes, ses moqueries et son langage, parfois cru…

L'évocation de quelques épisodes de sa vie, comme sa rencontre avec Georges Sand (1), ses liens avec F. Liszt et H. Berlioz, par exemple, l'état d'avancement de ses œuvres musicales, était délicieusement captivante. À côté de l'homme dans sa fragilité, la puissance du génie musical.

Le duo Duchâble-Carré, en totale symbiose, a magnifiquement rendu ce dialogue entre l'homme et son œuvre. Il faut dire que le musicien et le récitant n'en sont pas à leur première collaboration. Plus d'une trentaine de spectacles, notamment d'autres concerts épistolaires, tout aussi imaginatifs et délicats, ont permis aux deux artistes d'arriver à ce point de perfection et d'émotion communicative.

La « Marche funèbre » clôturant le concert atteignait au sublime.

(1) On peut voir, en l'église Saint-Vincent de Bagnères, une Vierge à l'enfant, sculpture de J.-B. Auguste Clésinger, gendre de Georges Sand.

 


 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires