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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 18:31

SYLVAIN DUBUISSON, architecte-designer.

 

A l’occasion des soixante ans de Sylvain Dubuisson, le Musée des Arts Décoratifs de Bordeaux propose un regard sur le parcours de ce créateur aux réalisations en tous points remarquables.  Projets, dessins, pièces uniques et objets d’édition éclairent une démarche singulière. Une même justesse empreint ses constructions (chai à Haut-Selve dans les Graves girondines en 1997, -classé au nombre des cent bâtiments de ce type les plus beaux du monde (1)- ;centre d’hébergement de la Croix Rouge, Paris, 1998), ses scénographies d’exposition (Pavillon de la France à Aïchi, 2004 ; Printemps de Cahors, 1997), ses aménagements mobilier (Musée des Beaux-Arts à Dijon, 2002 ; Château de Versailles, 1999 ; Bureau du Ministre de la Culture,1991) et ses conceptions d’objets (Miroir Tao, 2005;couverts en acier pour Guy Degrenne, 2002 ;service à thé pour Rosenthal, 1996), pour ne citer que quelques exemples.

La saveur des croquis, l’ingéniosité des solutions proposées, l’élégance des formes, la perspicacité de la réflexion font que l’œuvre est accomplie.

S’il ne néglige pas l’ordinateur, sa pratique systématique de l’esquisse sur feuille quadrillée à la manière du Viennois Josef Hoffmann (2), et les nombreuses annotations conjointes aboutissent à des exécutions d’une grande rigueur. « Lettera amorosa » de 1988 citant René Char-, et, de façon générale, le recours à l’écrit comme mode de questionnement donnent une dimension supplémentaire au travail

S. Dubuisson livre aussi quelques réussites en matière de lumière. Depuis l’exquise  lampe « Beaucoup de bruit pour rien » de 1984, la lampe Tetractys de 1985,  jusqu’au mobilier d’éclairage public pour la ville de Paris en  1998 et le chantier du Mont Saint-Michel en 2002.

Formé également aux modes de travail belges et anglais, il dépasse le modèle français et emprunte autant aux savoir-faire de l’artisan et de l’architecte qu’aux technologies de pointe de l’ingénieur.

L’exposition mise en scène par ses soins permet de mesurer avec quelle aisance il passe de l’objet à l’architecture et du profane au sacré (tabernacle et chapelle à Notre-Dame de Paris, 2004; mobilier liturgique à Saint-Louis-des-Français, Rome, 2002 ; calice et ciboire pour le  pape Jean-Paul II, lors des Journées mondiales de la jeunesse, Paris, 1997).

 

Les quelques 250 pièces exposées rendent un bel hommage  à ce talentueux créateur, natif de Bordeaux.

 

Roseline Giusti-Wiedemann

 

(1) cf Le Festin n°

(2) 1870-1956, une des grandes figures de la Sécession viennoise.

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Le blog de Roseline Giusti - dans Articles designers
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