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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 21:21

Tutuola,

mon bon maître,

Michèle Laforest,

Confluences, Bordeaux,

187 p., 15 .

Les fantômes de la brousse

s’activent pour dissuader

Nestor et Soeur Mary de

retrouver l’écrivain Tutuola,

enlevé par la hideuse Femme-

Plume. Haute fantaisie et

cocasserie pure émaillent le

récit de ce périple initiatique.

L’imaginaire yoruba, peuplé

d’esprits maléfiques comme

Esprit de Proie ou Mère

lance-flammes, et l’Afrique

contemporaine des baskets ou

des stéthoscopes

s’interpénètrent

naturellement. L’auteur serre

au plus près l’univers et

l’expression parlée d’Amos

Tutuola, figure bien réelle,

par qui est né le roman

nigérian anglophone. Dans

La formule Bardey, voyages

africains (Confluences,

2005), Alain Ricard a dit

tout le talent de ce conteur,

traduit par Raymond

Queneau en 1953 puis par

Michèle Laforest, à son tour,

avec brio. Si la question de la

traduction est si

passionnante, c’est que les

langues africaines, hautement

authentiques, sont des

langues de culture moderne.

Au Bénin, au Ghana, au

Togo, au Nigéria…, partout

où Alain Ricard a rencontré

des écrivains et des

dramaturges africains, il en a

été convaincu. Cette

introduction si personnelle au

patrimoine littéraire noir et

aux conditions de son

élaboration, parfois si

héroïques, change notre

rapport à l’Afrique.

+Roseline Giusti-Wiedemann

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