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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 14:37

VINCENT  POUJARDIEU

LE GOÛT DE L’AUDACE

 

Bureau Graffiti BX06 PB1

 

On sait le monde du design dévolu par essence à l’innovation. Certains créateurs ont décidé d’en reculer encore les limites, Vincent Poujardieu est de ceux-là.

Pour sa dernière collection de mobilier -inaugurée en 2007- c’est à un grapheur de renommée internationale, Blade, qu’il a demandé de mettre en signes et en couleurs ses nouvelles pièces.

En reconnaissant à l’art urbain des vertus qu’il juge profitables au design, Vincent Poujardieu vient casser un tabou. Faire voisiner les formes les plus populaires de l’expression murale et celles longuement raisonnées de la conception de meubles de bureau. Certes, de la surface plane d’un mur à celle d’un plan de travail, il n’y a qu’une question d’échelle. Mais voici que toute une culture urbaine, jugée subversive et jusqu’ici tenue à l’écart, vient désormais contaminer avec fougue le meuble contemporain. Le résultat : un mobilier « irruptif », plein de verve, gorgé de couleurs (édités en série limitée, signée, numérotée) qui rencontre le succès. Une première pièce vient, en effet, de partir avantageusement dans une vente publique d’Art Contemporain organisée par Artcurial à Paris.

Le designer a apporté dans la facture de cette collection le même soin qu’aux autres réalisations auxquelles il nous a habitués, bien servi par un réseau de fabricants avec lesquels il travaille directement. N’est-il pas dans le même temps en édition chez Protis, le très classique et exigeant éditeur français de mobilier de bureau ?  

S’il pratique l’inox, le verre, la céramique (plateau à fromage vendue chez Takashiyama, au Japon), c’est aux matériaux nouveaux que Vincent Poujardieu aime principalement recourir. La prochaine collection attendue pour 2009 fait appel aux technicités de pointe des entreprises d’Aquitaine, (la Sté Plastinov, pour la circonstance, avec ses bio-composites à base de chanvre). Car seuls les composites autorisent les spectaculaires porte à faux, récurrents dans le travail de Vincent Poujardieu et dans lesquels il excelle. Sur ces surfaces projetées dans le vide aux limites de l’extrême, un grapheur comme Blade viendra, une fois de plus, et pour une série de tête, limitée, numérotée, déposer les signes frénétiques de l’exaltation urbaine.

Ainsi, fort de ses savoir-faire et de ses réseaux, Vincent Poujardieu pourrait-il bien ouvrir le monde du mobilier (bureau, table…) à de nouveaux territoires où le trash, le flashy et les bruits de la ville viendront très naturellement s’offrir comme une nouvelle cosmétique.

 

Roseline Giusti-Wiedemann

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le blog de Roseline Giusti - dans Articles designers
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