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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 21:06

VINCENT  POUJARDIEU

                   LE GOûT DE L’AUDACE.

 

 

 

Bureau Graffiti bx06 PB1

 

On sait le monde du design dévolu par essence à l’innovation. Certains créateurs ont décidé d’en  reculer encore les limites, Vincent Poujardieu est de ceux-là.

Pour sa dernière collection de mobilier -inaugurée en 2007- c’est à un grapheur de renommée internationale, Blade, qu’il a demandé de mettre en signes et en couleurs ses nouvelles pièces.

En reconnaissant à l’art urbain des vertus qu’il juge profitables au design, V.Poujardieu vient casser un tabou. Faire voisiner les formes les plus populaires de l’expression murale et celles longuement raisonnées de la conception de meubles de bureau. Certes, de la surface plane d’un mur à celle d’un plan de travail, il n’y a qu’une question d’échelle. Mais voici que toute une culture urbaine, jugée subversive et jusqu’ici tenue à l’écart, vient désormais contaminer avec fougue le meuble de bureau. Le résultat : un mobilier « irruptif », plein de verve, gorgé de couleurs  (édités en série limitée, signée, numérotée) qui rencontre le succès. Une première pièce vient, en effet, de partir avantageusement dans une vente publique -section art contemporain- organisée à Artcurial à Paris.

Le designer a apporté dans la facture de cette collection le même soin qu’aux autres réalisations auxquelles il nous a habitués, bien servi par un réseau de fabricants avec lesquels il travaille directement. N’est-il pas dans le même temps en édition chez Protis, le très classique et exigeant éditeur français de mobilier de bureau ? 

S’il pratique l’inox, le verre, la céramique (plateau à fromage vendue chez Takashiyama, au Japon), c’est aux matériaux nouveaux que V. Poujardieu aime principalement recourir. La prochaine collection attendue pour 2009 fait appel aux technicités de pointe des entreprises d’Aquitaine, (la Sté Plastinov, pour la circonstance, avec ses bio-composites à base de chanvre). Car seuls les composites autorisent les spectaculaires porte à faux, récurrents dans son travail et dans lesquels V. Poujardieu excelle. Sur ces surfaces projetées dans le vide aux limites de l’extrême, un grapheur comme Blade viendra, une fois de plus, et pour une série de tête, limitée, numérotée, déposer les signes frénétiques de l’exaltation urbaine.

Ainsi, fort de » ces savoir-faire et de ces réseaux, V. Poujardieu pourrait-il bien ouvrir le monde du mobilier (bureau, table…)  à de nouveaux territoires où le trash,  le flashy et les bruits de la ville viendront très naturellement s’offrir comme une nouvelle cosmétique.

 

Roseline Giusti-Wiedemann.

Bordeaux, avril-mai 2008

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Le blog de Roseline Giusti - dans Articles designers
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