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12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 20:57
Stefen Wey dans « L'Intrépide soldat de plomb », d'après le conte d'Andersen./Photo Roseline Giusti.
Stefen Wey dans « L'Intrépide soldat de plomb », d'après le conte d'Andersen./Photo Roseline Giusti.

La Dépêche du Midi

Publié le 12/04/2016 à 03:50

Ceux qui se sont glissés sous le parachute de la Compagnie Stefen Wey, samedi 3 avril, à la Halle aux grains, ont vécu des moments bien magiques. Rarement, un spectacle atteint, à ce point, la perfection d'un bout à l'autre de son déroulement. Et avec quelle finesse, quelle poésie et quel humour ! Un immense «océan blanc» enserre dans ses remous un homme fragile et las (Andersen). La vague-voile se gonfle bientôt pour former un habitacle semi-sphérique, à l'intérieur duquel les spectateurs sont invités à entrer. Au centre, une stèle avec un plateau circulaire pivotant. Et voici le parachute transformé en théâtre d'ombres, à 180°. Sur ce plateau est posé un grand livre dont chaque page, en s'ouvrant, campe un décor féerique pour mettre en scène les péripéties d'un soldat de plomb, unijambiste. C'est que le plomb a manqué pour le façonner jusqu'au bout. Mais quelle vaillance ! Sous l'effet des faisceaux lumineux, une ribambelle de vingt-quatre soldats de papier devient toute une armée en marche, une gracile figurine de danseuse s'anime et virevolte au grand bonheur du petit soldat. Une découpe crénelée (Andersen excellait dans l'art des papiers découpés) campe tout un château. Le feu prend et nous voici saisis par les flammes. Le petit soldat de plomb, en perdition sur son frêle bateau de papier, est avalé par un poisson. Et il nous semble, alors, être aussi dans le ventre de l'animal. La «lanterne magique» circulaire, géante, induit des expériences spatiales fortes dont les enfants se souviendront longtemps. Ritournelle s'échappant d'une boîte à musique ou brèves mesures du répertoire classique culte, la musique vient en complément pour enchanter le tout. Sans oublier la voix envoûtante de Stefen Wey, passant de l'allemand au français, nous faisant goûter la saveur sensible de chacune des langues.

Roseline Giusti

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3 avril 2016 7 03 /04 /avril /2016 09:46
Nanou Saint-Lèbe et Claire Benoit à la librairie Auprès de Pyrène à Bagnères. Ph. : Roseline Giusti
Nanou Saint-Lèbe et Claire Benoit à la librairie Auprès de Pyrène à Bagnères. Ph. : Roseline Giusti

DEPECHE DU MIDI

Publié le 28/03/2016 à 03:49

Dernièrement, Nanou Saint-Lèbe et Claire Benoît dédicaçaient ensemble leurs livres à la librairie Auprès de Pyrène. Ces derniers-nés sont parus aux éditions Gypaète. Un ouvrage pour enfant, «Anouskha», sous la plume de Claire Benoît, et «Randonnées gourmandes», écrit à quatre mains avec Claude Dendaletche pour Nanou Saint-Lèbe. Claire Benoît nous avait captivés, en 2011, avec «Secouristes en montagne» (éditions Atlantica), révélant la générosité et le courage des sauveteurs. Son dernier ouvrage, une superbe légende, est destiné à la jeunesse.

Claire Benoît écrit avec son cœur

Les enfants vont se régaler avec les incroyables péripéties de Juliette pour venir en aide à la petite princesse Anoushka, prisonnière au grand chaos des glaces. Une fine connaissance du mont Perdu, une imagination débordante et une belle écriture se conjuguent ici pour forger un conte délicieux. Férue de montagne, Claire Benoît est aussi musicienne, chanteuse et comédienne. Et c'est avec tout son cœur qu'elle écrit.

Connaisseuse experte du Mont Perdu, dotée d’une imagination débordante et d’une belle écriture, Claire Benoit forge ici un conte délicieux. Férue de montagne, elle est aussi musicienne, chanteuse et comédienne. Et c’est avec tout son cœur qu’elle écrit, ayant fait sienne la formule du grand pyrénéiste Henri Béraldi « L’idéal du pyrénéiste est de savoir à la fois ascensionner, écrire et sentir ».

Auteurs reconnus d’ouvrages spécialisés sur la montagne, Nanou Saint-Lèbe et Claude Dendaletche associent ici massifs montagneux et saveurs. On goûte les belles descriptions de divers sommets pyrénéens (douze au total) et l'on salive à la lecture des recettes spécifiques qui y sont attachées. Au Canigou, d'où l'on voit la Méditerranée, on choisira des escargots à la doba; autour du mont Perdu, où même par temps d'orage existe un abri sous roche sûr pour la nuit, ce sera pan de caridad et tortas sucrées; à la pique d'Estats-Montcalm, situé dans cette «Ariège à la fois rugueuse et attachante», on préférera des truites à la braise…

Les éditions Gypaète nous ont habitués à ces récits sensibles.

Tous les auteurs qu'elles publient ont en commun ce talent de dire leurs marches ou leurs observations avec un ressenti communicatif.

Roseline Giusti

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28 mars 2016 1 28 /03 /mars /2016 17:48
Les Temps d'art, 14 ateliers d'artistes ouverts le temps d'un week-end

Publié le 24/03/2016 à 03:50,

Les Temps d'art, 14 ateliers d'artistes ouverts le temps d'un week-end

Nöt et Coralie Barbier, Porteurs du projet Les Temps d’art.

Les 2 et 3 avril prochain, 14 ateliers d'art et lieux d'exposition ouvrent leurs portes au public. Plus de 30 artistes, 19 femmes et 12 hommes, montrent leurs œuvres, toutes techniques confondues, la sculpture étant particulièrement bien représentée. On trouve les créateurs bagnérais mais aussi des artistes extérieurs, chacun des ateliers accueillant un(e) invité(e). L’événement est d’importance. Pour la 1ère fois la quasi-totalité des ateliers unit ses efforts pour créer ce parcours inédit à travers la Ville. Pouvait-on imaginer trouver autant de lieux de création à Bagnères ? Le seul fait de les relier les fait apparaître avec plus de force. L’initiative revient au photographe Not et à Coralie Barbier, porteurs du projet. L’opération est menée de main de maître, avec une communication remarquable. En effet, il s’agit non seulement de pointer sur les ressources artistiques locales mais aussi d’attirer un public nouveau, efficacement informé par un site exemplaire et une large diffusion sur les réseaux sociaux, propulsant l’image de Bagnères au-delà de son enceinte. Cet évènement est non seulement profitable pour le rayonnement des arts mais également pour l’activité économique de la Ville. Il la vivifie et renoue avec des temps pas très anciens où elle était féconde. On se félicite de cette heureuse initiative qui n’est que le coup d’envoi d’un cycle de manifestations, à venir, amenées à se développer. En prime de ce parcours, un « off » alléchant qui fait la part à la musique et aussi aux images. En effet, des photographes et des cinéastes de renom (Nöt, J. de Boysson, E. Carrère…), pour ne citer que quelques-uns, qui ont une attache à Bagnères et les photographes venus en résidence, à la demande de l’association Traverse, ont entrepris de conforter la cité des eaux dans sa nouvelle identité, celle d’une Ville d’images.

Roseline Giusti

Les temps d’art, Parcours des ateliers d’artistes. Samedi 2 et dimanche 3 avril 2016, de 14 h à 18 h 30 www.les-temps-dart.com

Programme :

Vendredi 1er avril

21h30 : Concert avec Mama Tierra (ska, rock, reggae) & Xavier Seldir (chanson) Evénement organisé par le Cartel bigourdan. Lieu : Le vieux moulin, 5, rue Hount blanque

Samedi 2 avril,

15 h30-17h30 : Atelier d’écriture gratuit et ouvert à tous, animé par Eliane del Traver, au Restaurant La Cocker toquée, 1 bis rue Justin Dalléas inscription : 06 07 12 71 20

18h30 : Concert avec la Bande à Bacchus, dégustation de vins & grignote. Evénement organisé par Traverse. Lieu : La Cave, 11, rue Justin Dalléas

20 h30 : slam, scène ouverte de poésie, orchestrée par Eliane del Traver au Restaurant La Cocker toquée, 1 bis rue Justin Dalléas

De 21 h à minuit, vitrine surprise, centre-ville, projection des films des réalisateurs bagnérais/ Extrait du projet « Murs/Murs » par Jean de Boysson & Urban Tap.

Dimanche 3 avril

18h30 : Théâtre et musique avec Marie Gutierrez et Tbone Kelly. Première du spectacle « Celle que vous croyez ». Lieu : La Crêperie de l’horloge, 12, rue Victor Hugo

Partenaires pour les Hébergements :

Campement des cinq yourtes, 65200 Banios www .yourtes-chambres.com

Les Petites Vosges, 17, Bd Carnot, 65200 Bagnères, www.lespetitesvosges.com

Roulotte La Véronie, 65360 Vieille-Adour www.roulottelaveronie.com

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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 09:19
QUI A PEUR DE CALAMITY JANE ?

LA DEPECHE Publié le 16/01/2016

QUI A PEUR DE CALAMITY JANE ? Colloques et conférences - Musée Larrey

Avec leur album (t.30) paru en 1967 dans la série des «Lucky Luke», Goscinny et Morris ont contribué à faire connaître le personnage de Calamity Jane, Martha Cannary de son vrai nom. Aventurière du Grand-Ouest américain, cette héroïne de western est un personnage hors du commun. Ses actions ont alimenté un mythe qui, depuis plus d'un siècle, est loin d'être tari. C'est donc la légende de cette femme haute en couleur que Julie Gallego a brillamment retracée. Elle a détaillé l'ensemble des représentations au cinéma, au théâtre et dans les albums, y compris dans les chansons relatant les «frasques» de Calamity. Pour la circonstance, la conférencière a également montré ses talents de chanteuse, interprétant «a cappella» des extraits musicaux, sur les traces d'Anne Sylvestre ou de Camélia Jordana. Reste encore la vingtaine de lettres à sa fille (1), laissées à la postérité par Jane. De la main de l'aventurière ? Rien n'est sûr. Ces écrits sont néanmoins d'un bel intérêt et l'on aurait souhaité qu'une lecture plus conséquente en soit faite. Certes le public s'est un peu étonné de voir une agrégée de grammaire, confirmée, et maître de conférences de latin à l'université de Pau s'atteler à un tel sujet. Si l'étude de Calamity Jane procède d'un intérêt personnel, il faut savoir que l'on enseigne désormais en section de lettres classiques les reconstitutions historiques, ces péplums qui ont fait le régal d'Hollywood, les BD qui vulgarisent en images l'histoire romaine, sans oublier les séries historiques sur la question. Une production contemporaine appréhendant la culture latine de façon ludique que l'Université ne saurait négliger.

(1) Éditions Rivages Payot, 2007. Ces lettres ont fait l'objet d'une émouvante lecture en musique, cet été, dans le cadre d'un spectacle off du festival à voix haute.

Prochaine conférence : 16 janvier, à 15 heures, Jacques Sanchez, « La musique russe ».

Exposition : vernissage le 16 janvier, à 18 heures, Ben et Molly Brotherton, peinture, céramique. Musée : tél. 05.62.91.68.96.

Roseline Giusti

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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 16:06

Bagnères-de-Bigorre. Quand la culture croise le politique

La dépêche du midi Publié le 05/11/2013 à 03:47, Mis à jour le 05/11/2013 à 09:03

biodiversité

Une partie du groupe au départ de la traversée du paysage./Photo R.G.

Le terroir pyrénéen bénéficie d’une diversité écologique et culturelle que bien d’autres régions lui envient. Comment gérer cette richesse ? Conscient de l’urgence du problème, face à l’évolution de l’écosystème due aux changements climatiques et aux maux de l’industrialisation, la Dreal (1), en lien avec l’association Coal et le laboratoire SPEAP (2) vient de convier plusieurs acteurs à réfléchir ensemble.

«Le choix de Bagnères pour abriter ces journées est délibéré», affirmait Patrick Degeorges, représentant le ministère de l’Écologie. Outre les attraits naturels de son site, la ville possède des équipements culturels appropriés : Conservatoire botanique, musée Salies… et des associations actives autour de la biodiversité. Ceci devrait conforter Bagnères dans le rôle qu’elle pourrait tenir pour ce type de rencontres.

Une promenade «critique» du paysage alentour ouvrait la manifestation. La zone périurbaine choisie, un parfait contre-exemple de biodiversité, comme le soulignait l’ethnologue Bernadette Lizet, était propice à alimenter la discussion. Un an d’enquête menée par deux étudiants de sciences po (2) auprès d’acteurs en prise sur le territoire sous-tendait ce moment. Les interventions et ateliers du lendemain ont esquissé des éclairages et des pistes concrètes. Ainsi, l’œuvre du plasticien Argentin Tomàs Saraceno rendait intelligible l’instabilité de notre monde actuel. Monde dont la complexité a été si brillamment dépeinte par Bruno Latour (3) en introduction. Le superbe projet de l’architecte espagnole Susana Velasco, ressuscitant l’esprit d’un habitat andalou ancien, fait de bergeries, d’étables et de porcheries, pourrait faire exemple pour nos courtaous.

Préserver la biodiversité, mais aussi la valoriser. Des outils plus réticulaires, tirant de divers avis des arrangements possibles, seraient bienvenus. De petits parlements locaux, composés de citoyens éclairés, en cheville avec des experts, pourraient avoir un statut de donneur d’alerte, suggérait Jean-Marc Luce (4).

Ce projet ambitieux n’est qu’à son début. D’autres rencontres de ce type sont souhaitables dans la mesure où plus d’acteurs concernés soient conviés à participer.

Roseline Giusti

(1) Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement, représentée par Julien Barbezieux.

(2) COAL : Coalition pour l’art et le développement durable créée en France en 2008 rassemble des professionnels de l’art contemporain, du développement durable et de la recherche.

SPEAP : au sein de Sciences-Po, Paris, laboratoire d’expérimentation scientifique, artistique et pédagogique au croisement de diverses cultures pour tenter de créer un espace public partageable. Ralph Mahfoud et Thierry Boutonnier restituaient les résultats de leur enquête dans les Pyrénées.

(3) Anthropologue et philosophe des sciences qui apporte, entre autres, sa contribution au concept d’anthropocène. Sa méthode de cartographie des controverses est largement utilisée.

(4) J.-M. Luce formule aussi la proposition séduisante d’un musée ethnographique pyrénéen venant drainer le flot des quelque 800.000 visiteurs annuels visitant Gavarnie.

 

 

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12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 06:57

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Depêche du midi Actualités  » Grand Sud  » Hautes-Pyrénées

 

Les photos vivantes d'Isabelle Garcia

Publié le 30/07/2013 à 03:50

Isabelle Garcia expose jusqu'au 14 septembre, à Aquensis./Photo R.G.

 

Isabelle Garcia voyage de par le monde et en particulier en Afrique et au Népal. Elle prend le temps de rencontrer les populations et de se familiariser avec leur mode de vie. Le résultat? De splendides photographies en noir et blanc, travaillées en argentique. Isabelle a le chic pour saisir l’instant : un sourire, un geste, un éclat particulier de la lumière ou les facéties de la brume voilant les montagnes. Elle capte admirablement tous ces détails qui vivifient les images. Elle expliquait son travail jeudi dernier, à la résidence des Thermes, puis le commentait, in situ, à Aquensis où neuf de ses photos sont exposées, aux côtés de celles, tout aussi talentueuses, de François Canard et de Jean-Charles Rey. Et voici qu’on se prend à rêver à ces ailleurs lointains, rendus cependant proches de nous par la magie de l’image. Il faut dire que l’idée d’accueillir l’exposition «Des Femmes, de l’eau, des frontières» à Aquensis est particulièrement bienvenue. Les photos monumentales qui la constituent, agréablement disposées au gré des passages et des bassins, donnent au spa thermal un vrai supplément d’âme. à voir à Aquensis, jusqu’au 14 septembre. R. G.

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15 septembre 2013 7 15 /09 /septembre /2013 21:28

Le quatuor Diotima, un régal !

Le quatuor Diotima s’est produit au Théâtre des nouveautés mercredi dernier. Le programme était audacieux et exigeant. Trois œuvres  américaines du XXème s. , peu jouées, demandaient une belle habileté technique et des partis pris au niveau de l’interprétation (l’Adagio du quatuor en si m de Samuel Barber notamment). L’exécution était remarquable, due à  la grande cohésion du groupe et la perfection de son jeu, tout en nuances. Quelle bonne idée d’avoir placer l’œuvre de S. Barber entre celle de George Crumb et de Steve Reich ! Tous les accents de modernité de cette pièce étaient ainsi mis en évidence. L’intérêt  était constant d’un bout à l’autre du concert, tant le répertoire proposé réservait de sonorités  inhabituelles. Que ce soit les sons stridents et les effets vocaux et percussifs de Black Angels de G. Crumb figurant  la traumatique guerre du Vietnam ou ceux lancinants et poignants de Different trains de S. Reich évoquant tout à la fois  les voyages de son enfance à travers l’Amérique et  les convois d’enfants juifs. On a pris grand plaisir à écouter ce quatuor à la personnalité marquée, faisant preuve d’une souplesse inouïe pour passer d’un univers sonore à un autre.

 

Roseline Giusti

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15 septembre 2013 7 15 /09 /septembre /2013 21:26

Stéphane Lévêque, un homme de talents

Le nom de Stéphane  Lévêque était avant tout attaché au Salon du livre de Bagnères. Il en était le Président (1). Voilà trois ans qu’il menait cette entreprise avec succès, soucieux de donner à la manifestation l’ampleur qu’elle méritait. Stéphane aimait la littérature. Archéologue de profession, responsable d’opérations à l’Inrap (2) pour le grand sud-ouest, il avait fait paraître, en plus d’articles scientifiques dans son domaine, un intéressant  Brèves d’archéologie (3). A cela s’ajoutaient des nouvelles et des textes poétiques qu’il écrivait, presque en secret, depuis l’âge de 16 ans. Un dernier recueil devait donner lieu à une lecture publique et à une édition. Certains poèmes, plus anciens, illustrés par des peintres bigourdans, avaient été publiés.  Son amour des arts l’avait, en effet,  rapproché des artistes qui prisaient son goût sûr et son flair pour le coup de patte original. Stéphane Lévêque  comptait aussi parmi les membres de la Sté Ramond et rêvait pour elle de projets d’avenir. Il animait avec brio les cafés philo (4), doué qu’il était pour le maniement des idées. Généreux de son savoir et de son temps, il avait eu également l’occasion d’initier des jeunes à l’histoire locale (5) celle des Courtaou en particulier, dont il avait entrepris le recensement. Passionné, bouillonnant d’idées et de projets, il apportait sa réflexion dans les Ateliers du patrimoine ou aux Assises de la culture. Taiseux, il savait être éloquent si besoin. Doux et affable, il pouvait prendre position avec ténacité. Chacun croyait le connaître, mais l’homme ne se livrait jamais tout entier. Ceux qui le côtoyaient  comprenaient vite qu’ils avaient affaire à un personnage hors du commun et mystérieux. Au fond de lui, l’homme était intranquille. Le monde n’était-il pas à la hauteur de ses exigences, ne satisfaisait-il pas entièrement celui qui, enfant, voulait être amiral ? Son décès subi, inattendu et injuste, laisse dans le chagrin son épouse Cécile Ferber-Lévêque et leur fillette de huit ans, Albane ainsi que ses trois grands enfants nés d’une première union, Aurélie, Raphaël et Coline.  Nous nous associons grandement  à leur peine.

Roseline Giusti

 

 

 

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15 septembre 2013 7 15 /09 /septembre /2013 21:24

Etre senior aujourd’hui, l’autre façon.

Elle dénonce les préjugés et les usages néfastes communément répandus à l’encontre des vieilles gens, résultant de croyances stéréotypées. Prenant avec conviction le contre-pied des idées reçues, elle affirme au contraire les ressources insoupçonnées de la vieillesse et l’urgence de réformer nos attitudes envers le grand âge. De ces réflexions, elle en a fait un livre Le syndrome de Diogène, éloge de la vieillesse. Elle en rendait compte jeudi dernier à la médiathèque, usant d’arguments décapants. Elle ? Régine Detambel. Kinésithérapeute à l’origine, autant dire qu’elle connait bien le corps humain, ses défaillances mais aussi ses ressources infinies. Elle a tant écouté les dire de ses patients qu’ils ont donné matière à ses livres, aussi originaux que pertinents et toniques. Nourrie de sa propre expérience,  Régine Detambel a également exploré le vaste champ de la littérature et y a recueilli des exemples et des témoignages qui densifient le propos. Dévorée de la passion d’écrire, l’écrivain sait aussi transmettre et convaincre. Une chance pour Bagnères de recevoir celle qui s’est vu décerner, en 2011, le Grand Prix Magdeleine-Cluzel pour l’ensemble de son œuvre, quelque quarante livres pour adultes et pour enfants, questionnant inlassablement le corps.

Le public ne s’y est pas trompé qui comptait, entre autres, des soignants : infirmiers et médecins, très à l’écoute. Un atelier d’écriture accompagnait cette conférence, suivie d’une deuxième dans la foulée, la bibliothérapie. Saluons cette initiative de la médiathèque qui propose parallèlement, en ses murs, une riche exposition (visible jusqu’au 15 juin) de portraits photographiques « d’anciens » réalisés par Claude Beuillé, soignant lui-aussi.

Les conférences de Régine Detambel constituent un des points forts de la thématique choisie par la médiathèque cette saison : le corps dans tous ses états.

 

Roseline Giusti

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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 13:03

Bagnères-de-Bigorre et sa région 

Publié le 14/08/2012 09:25

Bagnères-de-Bigorre. Cultures mêlées et styles brassés

8e édition d'a voix haute

Bibi Tanga et les Sélénites, lors de la causerie avec Patrick Labesse ( à droite)./Photo R.G. - Tous droits réservés. Copie interdite.
Bibi Tanga et les Sélénites, lors de la causerie avec Patrick Labesse ( à droite)./Photo R.G. ()

Bibi Tanga et les Sélénites, lors de la causerie avec Patrick Labesse ( à droite)./Photo R.G.

Le festival A Voix haute s'est terminé dimanche soir. On a chanté, toutes cultures mêlées, tous styles brassés, a cappella ou accompagné d'instruments, depuis les simples tambourins jusqu'aux sonos puissantes. L'intérêt d'A Voix haute, c'est sa diversité. Et l'on se dit que la voix a bien de la force pour être aussi variée et nous surprendre encore à chaque festival. Dans ce large répertoire, chacun a trouvé son compte. On a pu goûter au patrimoine traditionnel basque (Otxote Lurra), corse (Barbara Furtuna), restitué à la perfection ou revisité avec verve, invention et humour (Lo Cor de La Plana).

On s'est engouffré à la prestation explosive de Bibi Tanga et des Sélénites qui sans cesse vous chaloupe d'un côté à l'autre de l'Atlantique, puisant aux sources multiples des musiques urbaines et autres pour livrer, au final, un mix original.

Il y a eu les chants à textes, messages de bonheurs simples ou commémorations d'événements politiques, basques (Otxote) et occitans (Cor de la Plana). Et aussi des expériences sonores inhabituelles, frottages, raclages…, dans la belle lignée d'un John Cage (Ensemble Troie avec Chiesa, Pontevia). On a particulièrement apprécié la performance dadaïste Karawane, donnée par Frédéric Jouanlong, tout en sifflements, cris, susurrements et onomatopées crachées et gueulées, variant d'intensité et jouant d'une mise en boucle grâce à un looper. Le chanteur, qui avoue avoir ces sonorités vissées au corps depuis l'âge de la maternelle, donne de ce poème écrit par Hugo Ball en 1917, une version époustouflante. Car, à ce point expressive, la voix peut fort bien se passer de mots pour dire son message. Benat Achiary et Phil Minton (que Jouanlong revendique) nous l'ont précédemment confirmé.

Il y a eu aussi, menées par Patrick Labesse, les savoureuses causeries de l'après-midi permettant la rencontre, au jour le jour, avec les chanteurs et l'initiation à des patrimoines vocaux insoupçonnés. Sans oublier la longue nuit atypique menée par le KKC Orchestra et le bal «occitan» jusqu'à épuisement des chanteurs du Cor des La Plana aux voix endiablées. Quelle performance, Manu Théron !

À Voix haute, c'est une série de petits bonheurs successifs. Il faut une sacrée audace pour rassembler sur quelques jours tant de talents aussi divers. Des prises de risque aussi. Voilà huit ans que Yann Beigbeder et son associée Anne Sorlin, en dépit de budgets de plus en plus serrés, mènent l'aventure. C'est leur création à eux, réussie. Bravo Yann, bravo Anne.

Se rend-t-on assez compte combien c'est exceptionnel d'avoir ce type de manifestation à Bagnères ? Sait-on assez que l'organisation de cet événement repose sur le concours de nombreux bénévoles qu'il faut remercier grandement.

Roseline Giusti

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